H.D.R.

Nous réalisation également des photos prises selon une technique particulière dites photographies de type H.D.R.

  • Que signifie une photo H.D.R. ?

Nous parlons d’ « Imagerie à grande gamme dynamique » (et donc « High dynamic range imaging » ou HDRI en anglais). Il s’agit donc d’un ensemble de techniques numériques qui permettent à une image d’étendre la largeur de la gamme dynamique de la prise de vue effectuée. La largeur de gamme d’une image est limitée par la définition technique de ses composants aux pixels (24 bits, de 0 à 255 valeurs multipliées par les trois gammes R.V.B.). Le principe même du H.D.R. est d’augmenter cette gamme (jusqu’à 96 bits par pixel) afin donc d’étendre sa largeur, et se rapprocher ainsi de la gamme de vision de l’oeil humain.

Pour faire simple, la dynamique représente l’intervalle entre la lumière la plus sombre et la lumière la plus lumineuse qu’il est possible de distinguer. Ainsi, le capteur d’un reflex peut aller jusqu’à environ 14 EV, soit un rapport de 1 pour 16000 (2 exposant 14) entre le plus clair et le plus sombre qu’il puisse enregistrer. L’oeil peut s’adapter à une lumière allant de 0,001 lux à 10.000 lux et donc un rapport de 1 pour 10 millions, soit plus de 26 EV  !
Mais cet énorme pouvoir d’accommodation est à relativiser : l’oeil ne peut pas distinguer à la fois les ombres et les lumières vives car il s’adapte en permanence aux conditions lumineuses. De la même manière que pour appareil photo dont on règle le temps d’exposition et la sensibilité ISO.

Pour comprendre l’intérêt de cette technique, imaginez une pièce sombre avec une fenêtre laissant pénétrer directement le soleil. Il est facile de comprendre la difficulté pour le photographe de reproduire à la fois un rendu correct et une bonne exposition de la pièce sombre et de la fenêtre. La technique de prise de vue H.D.R. solutionne ce type de difficulté. Elle permet de maintenir des détails dans une photo avec de très grands contrastes aussi bien des les zones sombres que dans zones très claires (dans ce qu’on appelle les hautes et basses lumières).

Le HDR est souvent décrié à cause de certains rendus beaucoup trop contrastés avec beaucoup de bruit et des couleurs très « kitchs ». Suivant le traitement effectué nous pouvons donner à la photo finale un rendu naturel ou alors très contrasté comme le montre les images ci-dessous.

Ma position est très claire : toute photographie reste une interprétation du réel. Rien que le cadrage du photographe induit une interprétation. Certains décrient cette technique en arguant du fait que ce n’est plus de photographie mais que cela relève plus de l’infographie. Pour mémoire, déjà du temps des Pictorialistes, le développement était « manipulé » pour avoir un rendu proche de la peinture et cela date de la fin du 19e siècle ! D’autre part, réduire la photographie au fichier « jpeg » est une totale hérésie ! En effet, ce fichier jpeg est le résultat de l’interprétation du fichier brut (en format raw) et donc déjà retouché et interprété par des algorithmes des fabricants de Réflex ! Ce débat est loin d’être clos et le sujet tellement vaste et polémique,  que j’envisage d’autres articles afin d’approfondir cette réflexion.

 

  • La technique du H.D.R.

Il est également possible de réaliser ce que l’on appelle le « pseudo HDR » à partir d’une seule prise de vue. Cette technique est intéressante dans la mesure où il n’est pas toujours possible de prendre plusieurs vues bracketées de la même scène (sujet en mouvement notamment). Il est évident que, sans gamme de luminances étendue, l’intérêt de cette technique est limitée. Du moins si on part d’une image en JPEG (8 bits par couleur) mais, en partant d’une image RAW sur 12 ou 14 bits comme peuvent en produire les reflex numériques en particulier, on peut déjà parvenir à des résultats intéressants que l’on ne pourra pas obtenir par les méthodes classiques. Elle est donc à considérer et à tester en fonction de chaque cas particulier.

Un grand nombre d’appareils numériques permettent aussi la prise de vue directe en HDR, l’appareil réalisant automatiquement une séquence de prise de vue comportant une ou plusieurs photos prises en rafale et les traitant ensuite pour produire une image HDR dont l’effet peut être ajusté. Toutefois, ce type de prise de vue n’offre pas toutes les qualités de la combinaison de nombreuses prises de vue avec un logiciel spécialisé.

  • Quelques mots d’histoire

En 1850, Gustave Le Gray fut le premier photographe à concevoir une image composée avec plusieurs valeurs d’expositions différentes. Cette technique lui permit de contourner les limites des pellicules de l’époque pour réaliser une photographie de paysage marin avec à la fois la mer et le ciel. Peu de temps après, cette découverte a notamment été utilisée par Charles Wyckoff pour faire apparaître tous les détails d’explosions nucléaires principalement dans les hautes lumières.

Ci-dessous quelques rendus très différents en H.D.R., du plus réaliste au plus imaginatif…